Dans les coulisses de la propolis

Dans les coulisses de la propolis

«Substance résineuse collectée par les abeilles ouvrières sur les bourgeons des arbres pour colmater et aseptiser la ruche.»
Cette définition ne rend pas compte de la complexité de la composition de la propolis, de la variété de ses origines, de son intérêt pour la santé humaine et animale!

En résumé, selon Françoise Sauvager, docteur en pharmacie, maître de conférences et chercheuse au laboratoire de microbiologie de la faculté de pharmacie de Rennes, auteure d’une thèse sur les propriétés antivirales de la Propolis.:

Utilisée par les Egyptiens, les Grecs, les Romains…, la Propolis a perdu de son brio avec l’avènement des antibiotiques, Françoise Sauvager ne cesse de militer pour sa réhabilitation dans notre arsenal thérapeutique. Quelques mots de Françoise ci-dessous, suite à 2 questions posées au GDSA 22 :

Pourquoi la propolis est-elle si intéressante pour la santé ?
“De par sa concentration extraordinaire en polyphénols, dont certains esters d’acides phénoliques (très étudiés actuellement en cancérologie) et de nombreux flavonoïdes, la propolis, qui contient près de 300 principes actifs, bénéficie d’un potentiel thérapeutique très étendu. Elle est d’ailleurs considérée comme un médicament en Suisse et en Allemagne et l’OMS l’a inséré dans le programme Nutrition et Santé.”

Antimicrobienne, antiparasitaire, antifongique, antivirale, anti-inflammatoire, anesthésiante, antidiabétique, anticancéreuse (en association avec les traitements classiques, aide au confort du malade)…pas moins.

Intérêt de la propolis pour l’abeille

La colonie pour survivre a besoin de lutter contre toutes formes d’agression pathogène pouvant porter atteinte à son existence (bactéries, parasites, virus, mais également insectes voire petits rongeurs). Les arbres pour protéger le bourgeon (système immature sans défense) l’enduit d’une couche résineuse qui va le défendre contre la plupart des attaques bactériennes, mycosiques, virales, associé à un effet répulsif envers certains insectes prédateurs. La ruche va utiliser ces résines complexes pour se protéger.

Les abeilles récoltent la propolis quand la température est voisine de 18-20°C. Les ouvrières la modifient en la malaxant avec leurs pièces buccales tout en y incorporant leurs secrétions pharyngiennes. Elles calfeutrent  systématiquement la ruche en colmatant tous les trous assurant son étanchéité concomitamment avec une excellente asepsie. Elles font de même avec tout objet ou intrus immobile se trouvant dans la ruche.

L’ouverture qui se trouve à l’entrée de la ruche, est constamment ajustée et remodelée à l’aide de propolis afin d’adapter ses dimensions et son orientation en fonction des conditions climatiques. Ce passage constitue par la même occasion une sorte de chambre de stérilisation à l’entrée de la ruche, d’où le nom propolis qui signifie, en grec «devant» (pro) la «cité» (polis).

Origine botanique

Il existe de nombreuses sortes de propolis qui sont fonction de la zone géographique où se trouve la ruche, des végétaux et des arbres présents. Elles varient selon la disponibilité des végétaux pendant les saisons et de l’espèce d’abeille. Ceci explique que l’on trouve des propolis de couleur jaune ambre allant jusqu’au brun foncé en passant par des variétés qualifiées de vertes ou rouges. L’abeille va chercher la propolis dans son écosystème et c’est de cet écosystème que va dépendre la qualité de la propolis. En effet, à défaut des plantes nécessaires à l’élaboration de la propolis, l’abeille utilisera des matériaux de substitutions plus ou moins nocifs pour elles et pour la santé humaine (bitume, vernis, huiles minérales, etc.).
Les propolis les plus fréquentes sont la propolis européenne issue majoritairement des peupliers et du marronnier. 

 

Composition biochimique

La propolis est une substance naturelle modifiée par l’abeille, les facteurs qui vont influencer sa composition sont donc nombreux. Parmi ceux-ci, on citera l’origine botanique de la propolis, l’âge du végétal sur lequel a été récolté la propolis et l’espèce de l’abeille. De ce fait, la composition de la propolis peut être très différente d’une région à une autre et d’une saison à l’autre pour un même lieu de récolte. En règle générale, la propolis est constituée de 50 à 55% de résines et baumes, de 30% de cire et acides gras, de 10% d’huile essentielles, de 5% de pollen et de 5% de substances organiques et minérales. Parmi ces substances organiques, on trouve beaucoup de flavonoïdes et autres composés phénoliques, des minéraux et des vitamines. Grace à l’action de l’abeille et la présence de pollen, la propolis contient également quelques sucres, des enzymes et des acides aminés.

 L’analyse de la fraction polyphénolique, permet de constituer une empreinte spécifique à chaque type de propolis permettant ainsi d’identifier son origine botanique.

Les vertus thérapeutiques de la propolis

Hippocrate, père de la médecine en 400 avant JC, préconise l’usage de la propolis dans le traitement

Du fait de son large spectre d’activités biologiques, la propolis est très utilisée en médecine traditionnelle dans différentes parties du monde. Actuellement, la propolis est utilisée comme médication alternative dans la prévention de certaines pathologies. La propolis, selon ses origines botaniques diverses a des activités thérapeutiques dues à la présence de nombreux principes actifs appartenant à la famille des flavonoïdes. Elle fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques. Nous vous en proposons sous forme de spray ou de miel à la propolis

Les activités documentées

  • Activité antioxydante avec la présence des nombreux polyphénols.
  • Activité antibactérienne contre la plupart des germes pathogènes infectant les sphères oto-rhino-pharyngée, gastro-intestinale, uro-génitale, cutanée et buccale.
  • Activité antifongique contre les champignons appartenant au genre Candida et certaines levures.
  • Activité antivirale contre virus de la grippe, de l’herpès. Certaines propolis sont une piste intéressante comme agent de traitement complémentaire aux thérapies antivirales de l’infection par virus VIH et de certaines affections parasitaires tropicales.
  • Activité anti-inflammatoire avec une action d’inhibition sur les enzymes  de l’inflammation
  • Activité sur le système immunitaire
  • Activité anticancéreuse potentielle très intéressante

 

 

Source AFA : société francophone , Françoise Sauvager, GDSA 22